Retournement des théories de la formation planétaire !

Publié le par Ferlin

Cette semaine, dans le cadre du "RAS National Astronomy Meeting (NAM2010)" la découverte de neuf nouvelles planètes à transit vient d’être annoncée. En combinant ces nouveaux résultats avec de précédentes observations échantillon plus large en comprenant 27) ont été détectées orbitant dans le sens opposé à celui de la rotation de leur étoile hôte – soit exactement l’inverse de ce que l’on peut observer dans notre Système solaire . Avec ces nouvelles découvertes, les astronomes sont confrontés à une remise en cause sérieuse et inattendue des modèles de formation planétaire actuellement en vigueur. Elles laissent également supposer que les systèmes comportant des exoplanètes de type Jupiter chaud ne contiennent probablement pas de planète semblable à la Terre .


Galerie d'exoplanètes à orbite rétrograde (vue d'artiste).

“Nous lançons une véritable bombe dans le champ des exoplanètes” déclare Amaury Triaud, un étudiant en thèse à l’Observatoire de Genève qui a dirigé la plus grande partie de ces campagnes d’observation avec Andrew Cameron et Didier Queloz.

Les astronomes pensent que les planètes se forment dans les disques de poussière et de gaz qui entourent les jeunes étoiles. Ces disques protoplanétaires tournent dans le même sens que leur étoile et l’on supposait jusqu’à maintenant que toutes les planètes formées dans le
disque étaient plus ou moins en orbite dans le même plan et qu’elles se déplaçaient sur leur orbite dans le même sens que celui de la rotation de leur étoile. C’est notamment le cas pour les planètes du Système solaire.

Suite à la première détection des neuf planètes
[1] avec la caméra "Wide Angle Search for Planets (WASP, [2]), cette équipe d’astronomes a utilisé le spectrographe HARPS sur le télescope de 3,6 mètres de diamètre de l’ESO à l’Observatoire de La Silla au Chili, avec des données du télescope Suisse Euler, également installé à La Silla ainsi que des données provenant d’autres télescopes, afin de confirmer la découverte de ces exoplanètes [3] détectées à la fois dans la nouvelle et l’ancienne campagne d’observation et de les caractériser.

Étonnamment, quand les astronomes de cette équipe ont combiné les nouvelles données avec les anciennes observations ils ont trouvé que les orbites de plus de la moitié de tous les Jupiters chauds
[4] étudiés n’étaient pas alignées avec l’axe de rotation de leurs planètes. Ils ont même découvert que six exoplanètes de cette longue étude (parmi lesquelles deux sont de nouvelles découvertes) avaient un mouvement rétrograde: elles tournent autour de leurs étoiles dans la "mauvaise" direction.

"Ces nouveaux résultats défient réellement la pensée conventionnelle qui veut que les planètes doivent toujours être en orbite dans la même direction que celle de la rotation de leur étoile," précise Andrew Cameron de l’Université de St Andrews, qui présente ces nouveaux résultats au "
RAS National Astronomy Meeting (NAM2010)" à Glasgow cette semaine.

Depuis la découverte des premiers Jupiters chauds, il y a quinze ans, leur origine est restée une énigme. Ce sont des planètes ayant une masse équivalente ou supérieure à celle de Jupiter, mais dont l’orbite est beaucoup plus proche de leur soleil. Les astronomes pensent que les cœurs des planètes géantes se forment à partir d’un mélange de particules de glace et de roche que l’on trouve uniquement dans les confins des systèmes planétaires. Les Jupiters chauds se formeraient donc loin de leur étoile et migreraient par la suite vers l’intérieur afin de se mettre en orbite beaucoup plus près de leur étoile. De nombreux astronomes pensent que cela est dû aux interactions gravitationnelles avec le disque de poussière au sein duquel ces planètes se sont formées. Ce scénario ce déroule sur quelques millions d’années et aboutit à une orbite alignée avec l’axe de rotation de l’étoile "hôte". Il permet également la formation ultérieure de planètes rocheuses comme la Terre, mais ceci ne permet malheureusement pas de rendre compte des nouvelles observations.


Pour prendre en compte les nouvelles planètes rétrogrades, une théorie alternative de migration suggère que la proximité des Jupiters chauds de leur étoile n’est absolument pas due aux interactions avec le disque de poussière, mais à un lent processus d’évolution impliquant une lutte acharnée de forces gravitationnelles avec des planètes plus distantes ou des compagnons stellaires, s’étendant sur des centaines de millions d’années. Ces "perturbations" propulsent ainsi une planète
géante sur une orbite allongée et inclinée. Cette planète va alors subir les effets de marées, perdant de l’énergie à chaque fois qu’elle s’approche de son étoile. Elle pourrait finalement se retrouver positionnée proche de son étoile, sur une orbite pratiquement circulaire, mais dont l’inclinaison est aléatoire. "Un effet secondaire spectaculaire de ce processus est qu’il pourrait anéantir une planète semblable à la Terre dans ce système planétaire," déclare Didier Queloz de l’Observatoire de Genève.

Des compagnons plus distants et plus massifs ont d’ores et déjà été détectés dans le cas de deux des nouvelles planètes rétrogrades découvertes, ce qui pourrait potentiellement être la cause de ce bouleversement. Ces nouveaux résultats pourraient déclencher une recherche intensive de nouveaux corps dans d’autres systèmes planétaires.


Cette recherche a été présentée lors du
RAS National Astronomy Meeting (NAM2010) qui a lieu cette semaine à Glasgow, en Ecosse. Neuf articles soumis à des journaux internationaux seront présentés à cette occasion parmi lesquels quatre utilisent des données fournies par les équipements de l’ESO. Cette conférence a également été l’occasion de récompenser le consortium WARPS de prix 2010 du meilleur travail d’équipe de la Royal Astronomical Society.


Notes:

[1] Le nombre actuel d’exoplanètes connues est de 452.

[2] Les neuf nouvelles exoplanètes ont été découvertes par le "Wide Angle Search for Planets (WASP)". WASP comprend deux observatoires robotisés, chacun consistant en huit caméras grand angle qui scrutent le ciel en permanence et simultanément à la recherche de signes de transits planétaires. Un transit à lieu quand une planète passe devant son étoile, bloquant temporairement une partie de sa lumière . Les huit caméras grand angle permettent d’observer des millions d’étoiles simultanément afin de détecter ces signes peu fréquents de transit. Les caméras de WAPS sont exploitées par un consortium comprenant la Queen’s University Belfast, les Universités de Keele, Leicester et St Andrews, l’Open University, l’Isaac Newton Group à La Palma et l’Instituto Astrofisica Canarias.

[3] Pour confirmer et caractériser les nouvelles planètes à transit, il est nécessaire de faire un suivi avec la méthode des vitesses radiales afin de détecter l'oscillation de l’étoile autour de son centre de gravité qui est en fait le centre de gravité du système étoile-planète. Ce suivi est effectué par un réseau mondial de télescopes équipés avec des spectromètres très sensibles. Dans l’hémisphère nord , le télescope “ Nordic Optical Telescope” aux Iles Canaries et le spectrographe SOPHIE installé sur le télescope de 1.93-mètres à l’Observatoire de Haute-Provence en France ont mené cette recherche. Dans l’hémisphère sud , Le chasseur d’exoplanètes HARPS sur le télescope de 3,6 mètres de l’ESO et le spectrographe CORALIE sur le télescope suisse Euler, tous les deux à La Silla, ont été utilisés pour confirmer les nouvelles planètes et pour mesurer l’angle d’inclinaison de l’orbite de chaque planète par rapport à l’équateur de leurs étoiles. Les télescopes robotiques Faulkes de l’Observatoire de Las Cumbres, situés à Hawaï et en Australie, ont fourni les mesures de luminosité qui permettent de mesurer la taille des planètes. Les observations pour les suivis des candidats exoplanètes WARPS ont été obtenues au télescope suisse Euler à La Silla, au Chili (en collaboration avec des chercheurs de l’Observatoire de Genève), au télescope Nordic Optical Telescope à La Palma et au télescope de 1,93 mètre Paris et au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille).

Les études de l’angle d’inclinaison de l’orbite des planètes WARPS ont été effectuées par l’instrument HARPS sur le télescope de 3,6 mètres de l’ESO et par l’instrument CORALIE sur le télescope Suisse Euler, dans l’hémisphère sud et à l’Observatoire de Tautenburg, à l’Observatoire Mc Donald et au Nordic Optical Telescope dans l’hémisphère Sud.

[4] Les Jupiters chaud sont des planètes en orbite autour d’autres étoiles. Elles ont des masses similaires ou plus importantes que Jupiter, mais leurs orbites sont beaucoup plus proches de leur étoile que n’importe quelle planète de notre Système solaire. Etant donné qu’elles sont à la fois grandes et proches de leur étoile, elles sont plus faciles à détecter par leur effet gravitationnel sur leur étoile et elles ont aussi plus de chance de transiter devant le disque de l’étoile. La plupart des premières exoplanètes découvertes sont de cette catégorie. de l’Observatoire de Haute Provence en France (en collaboration avec des chercheurs à l’Institut d’Astrophysique de


Source: (c) ESO
Illustration:
ESO/A. C. Cameron

Trouvé sur Techno-Science

Publié dans Actu cosmique

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O
<br /> Bon, ben a ce prix là y pas a hésiter alors........<br /> <br /> Prépare les papier je passe cette semaine pour signer.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Tout est prêt, je t'attends...<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Coucou,<br /> <br /> <br /> A saisir: terrain sur la Lune à partir de 12 euros<br /> <br /> L'entreprise américaine Lunar International, basée à Fremont en Californie, propose à la vente des droits sur la terre lunaire, autrement dit des propriétés sur la Lune. Une démarche aussi osée que<br /> loufoque.<br /> <br /> Sur son site internet disponible en cinq langues, Lunar International affirme haut et fort que son commerce est légal. "C'est un cadeau qui durera plusieurs vies et que vous pourrez regarder<br /> presque tous les soirs" vante aussi la page d'accueil, traduite dans un français approximatif.<br /> <br /> La société offre des emplacements dans plusieurs régions telles que la Mer de la Tranquillité (23,99 euros l'acre), le Lac des Rêves (21,49 euros l'acre), la Baie des Arcs-en-ciel (19,99 euros<br /> l'acre), les Alpes lunaires (18,99 euros l'acre) ou la Mer des Pluies (17,99 euros l'acre). 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L'acheteur qui se risquerait à une telle acquisition disposerait de tous les droits de propriété, c'est-à-dire la<br /> revente, la location, le don et le choix de succession après sa mort, selon Lunar International. La société précise que le droit de propriété est immédiatement enregistré auprès de l'International<br /> Lunar Lands Chronicle, constituant la "preuve formelle" de l'achat.<br /> <br /> Développer l'immobilier privé<br /> Concrètement, le package contient un titre de droit "superbement parcheminé", une photo satellite de la propriété ainsi qu'un relevé d'informations comprenant le détail géographique de la région<br /> sélectionnée. En outre, chaque acheteur devient automatiquement membre de la Society for Lunar Exploration and Developments (SLED), dont les buts principaux sont de faire retourner des êtres<br /> humains sur la Lune et d'y développer l'immobilier privé.<br /> <br /> Argent perdu<br /> Il convient de souligner que la propriété extraterrestre n'est reconnue par aucune autorité. Ce qui n'empêche pas certaines organisations, comme Lunar International, de vendre des terrains, jolis<br /> certificats à l'appui.<br /> <br /> Refus du "premiers arrivés, premiers servis"<br /> Malgré le fait que les Etats-Unis étaient les premiers à se poser sur la Lune, ils n'en sont pas les propriétaires et ne pourraient en aucun cas en revendiquer la propriété, vu les dispositions du<br /> traité lunaire des Nation Unies, explique le site de Lunar International.<br /> <br /> Liberté d'accès<br /> Le traité de l'espace, ratifié en 1967, pose les fondements juridiques de l'exploration spatiale et prévoit une liberté d'accès des Etats à l'espace extra-atmosphérique, sans que l'un d'entre eux<br /> puisse toutefois se l'approprier.<br /> <br /> Flou juridique exploité<br /> Le traité lunaire, finalisé en 1979 et entré en vigueur en 1984, interdit la propriété de biens immobiliers extraterrestres. Il s'applique à la Lune et aux autres corps célestes du système solaire,<br /> hormis la Terre. Cependant, très peu de pays à part la Belgique l'ont ratifié. Certains estiment donc qu'il existe un vide juridique en la matière. Leurs prétentions immobilières n'ont jamais été<br /> validées par la justice.<br /> <br /> Intention d'occupation<br /> Les experts des Nations unies considèrent que le statut de Lune correspond au concept légal de res communis, qui signifie que chacun la détient collectivement. De toute façon, il est communément<br /> admis qu'en cas de découverte de terres inconnues, il ne suffit pas de revendiquer la propriété du territoire pour acquérir le terrain pour de bon: le propriétaire qui se manifeste doit aussi<br /> pouvoir prouver son intention de l'occuper, ce qui, concernant la Lune ou une quelconque planète, est évidemment impossible à l'heure actuelle.<br /> <br /> "Ici, Apollo... demande permission d'alunir"<br /> Au cours de l'Histoire, plusieurs personnes se sont revendiquées comme propriétaires de la Lune. En 1953, l'avocat chilien Jenaro Gajardo Vera avait ainsi enregistré la propriété de l'astre en<br /> versant 42.000 pesos. L'acte fut officialisé l'année suivante. La légende raconte qu'en 1969, le président Nixon aurait demandé la permission de l'avocat pour l'alunissage d'Apollo 11.<br /> <br /> Sébastien Cools<br /> <br /> PS.De quel droit peut on se revendiquer propriètaire d'un astre?<br /> <br /> C'est dingue,cette envie de possession!A tout prix!<br /> <br /> Bisous,Léa.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je vends mon terrain sur Alpha Centaure, si ça interesse quelqu'un... 435 765 000 000 euros.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Encore un fou...<br /> <br /> Barack Obama veut envoyer les Etats-Unis sur Mars<br /> <br /> La Maison Blanche a envoyé mardi soir les grandes lignes de la nouvelle vision spatiale plus ambitieuse que le président Barack Obama va présenter jeudi dont le but ultime est d'envoyer des<br /> Américains sur Mars.<br /> <br /> Le président répond ainsi aux vives critiques du Congrès et au sein même de la Nasa, suscitées par l'annonce surprise en février de sa décision d'annuler le programme Constellation de retour des<br /> Américains sur la Lune vers 2020 et au-delà de vols habités sur Mars, sans offrir d'alternative claire.<br /> <br /> Il se rendra au Centre spatial Kennedy près de Cap Canaveral (Floride, sud-est) pour présenter sa nouvelle vision de l'exploration spatiale habitée.<br /> <br /> Selon la fiche de trois pages publiée sur le site de la présidence, qui confirment des informations de presse parues plus tôt mardi citant un responsable anonyme de la Maison Blanche, M. Obama va<br /> proposer de consacrer six milliards de dollars de plus dans le budget de la Nasa sur cinq ans pour financer cette "vaste stratégie de vols spatiaux habités" et créer 2.500 nouveaux emplois en<br /> Floride d'ici 2012.<br /> <br /> Six milliards de dollars?<br /> <br /> Léa.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Kubrick est mort pourtant...<br /> <br /> <br /> <br />
H
<br /> J'ai oublié de signaler que Pierre donne le lien de ton billet sur "le secret des nuages"...<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Ha super... Merci Pierrot!...<br /> <br /> <br /> <br />
H
<br /> Les dernières infos concernant le soleil par Pierre :<br /> <br /> 12 avril 2010<br /> <br /> <br /> Il apparaît que le minimum solaire est en train de s'émousser. Une nouvelle explosion importante de l'index KP laisse croire que nous sommes en train d'assister aux premiers soubresauts du soleil<br /> en direction du maximum.<br /> <br /> Toutes les conditions prédisposant au changement du cycle solaire, seront réunis dans la période d'août septembre 2010. C'est à partir de ce moment que la période haussière sera fermement ancrée.<br /> En attendant, l'activité sera sporadique.<br /> <br /> Mai et juin: Les planètes Uranus et Jupiter seront dans la constellation du Poisson et alignée en direction de la terre, et cet alignement se poursuivra en direction du Soleil. Beaucoup d'eau! Le<br /> passage de l'alignement sur la terre devrait posséder des conséquences légères, mais qui auront l'avantage de fournir de précieuses indications sur les mois à venir.<br /> <br /> Pluies en couche - trombes - vents violents - grêles seront à surveiller.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> J'ai vu ce matin. Je disais à Milou que je sentais (d'intuition) une forte baisse de l'activité solaire dans les prochains mois, avant la hausse significative et rapide...<br /> <br /> <br /> <br />